17.01.2009
21° rencontre débat de Femmes 3000 Côte d'Azur - Parcours de femme avec Dora PANNOZZO (15/01/2009) : l'interview de Dora Pannozzo est en ligne
Dora PANNOZZO, coach de vie personnelle et professionnelle auprès des femmes, était l'invitée de Femmes 3000 Côte d'Azur pour sa 21° rencontre débat le 15 janvier 2009 à l'AGORA Einstein à Sophia Antipolis.
166 femmes et hommes étaient inscrits à cette conférence.
Nous reproduisons ci-dessous le texte de l'interview de Dora PANNOZZO par Valérie BLANCHOT COURTOIS, présidente de Femmes 3000 Côte d'Azur, que vous pouvez également télécharger en cliquant ici.
Valérie BLANCHOT COURTOIS (VBC) : Bonsoir Dora, bienvenue parmi les femmes du 3° millénaire et merci d’avoir accepté de venir partager votre parcours personnel et professionnel avec nos adhérentes et sympathisantes.
Je vais tout d’abord pour présenter en quelques mots : vous vous définissez comme une coach de vie personnelle et professionnelle auprès des femmes. Maître praticien et enseignante PNL, psychothérapeute et conférencière.
Vous faites partie des 50 « femmes talentueuses » 2008 des Alpes Maritimes pour votre engagement auprès des femmes. Les Talentueuses des Alpes Maritimes est une initiative portée par le Centre d’information des Droits des Femmes et des Familles des Alpes Maritimes et soutenue par la Chargée de Mission Départementale au droit des Femmes, Marie-Jeanne MAVIC. Elle a donné lieu à une exposition itinérante en 2008 dans différents endroits du département et notamment à l’AGORA Einstein.
Vous exercez depuis 1988 le métier de Consultant en Développement Personnel auprès des Femmes, sous forme de profession libérale.
Avant 1988, vous avez dirigé plusieurs entreprises commerciales dont la première fut une agence générale d'assurances que vous avez créée à l'âge de 25 ans
Dora PANNOZO (DP) : Déjà à l’époque il y avait peu de femmes Agent Général d’Assurances, elles étaient secrétaires ou parfois agent de maitrise, mais ce sont les hommes qui dirigeaient l’agence. De plus, ma spécialité était le courtage en assurance pour les parcs de Poids lourds …. Produit très difficile à l’époque à placer auprès des compagnies. C’est de pénétrer dans ce milieu d’hommes et réservé aux hommes qui m’a à l’époque de mes 25 ans, passionné et m’a amenée à observer et à m’interroger sur les rapports hommes femmes, sur leurs codes, leur vocabulaire, leur manière de réfléchir et de décider, le choix des arguments pour signer un contrat etc.….)
VBC : Toute votre vie est donc centrée autour de la compréhension entre les Hommes et les femmes, dans la création d’une passerelle de communication véritable entre ces 2 « espèces ». D’où vous vient cet intérêt pour ce sujet. Je crois savoir que cela remonte de loin, au moment de l’adolescence, où vous avez découvert votre caractère rebelle et batailleur de méditerranéenne …DP : Même avant l’adolescence … plusieurs étapes m’ont amenée à me construire dans la rébellion et la bataille …
Je suis née de la relation adultérine de ma mère avec un autre homme que son mari …. ma mère s’est trouvée immédiatement mise à l’index de sa famille et a été sommée par son mari de renoncer à ses droits maternels sur la fille qu’ils avaient eue ensemble… rapport de force où elle a été déchue de ses droits de mère. Alors qu’en sens inverse aucune femme à cette époque n’aurait pu faire légaliser ce chantage.
Ensuite j’ai été élevée avec des règles contradictoires, à la fois j’étais encouragée à m’affirmer et à prendre position voire à m’opposer mais pas … devant l’homme ni devant l’autorité qui souvent dans mon entourage de vie ne faisaient qu’un.
Ma mère était un paradoxe de la relation femme homme, elle qui a osé quitter ses 3 maris, laissait la première place à mon frère et à son mari et m’enseignait l’obéissance et l’acceptation face aux décisions masculines. Quant à mon père italien et gardien des traditions familiales….l’horizon de la femme s’arrêtait aux enfants qu’elle devait élever et à la maison qu’elle devait tenir. Il aimait ses filles mais à la maison.
A la sortie de l’école je me suis souvent battue avec des garçons qui chahutaient mes copines.
VBC : Vous n’avez donc pas accepté les règles en vigueur et vous avez essayé de les dépasser par la compréhension intime des relations humaines. Cela vous a conduit au début vers la graphologie et l’astrologie …
DP : En effet j’ai très vite rejeté les règles, celles de la préséance de l’homme sur la femme et beaucoup d’autres règles où le plus fort l’emportait.
Je voulais comprendre comment fonctionnait les êtres humains ensemble, je cherchais des supports pour apprendre à comprendre ce qui amenait telle personne femme ou homme à vivre telle situation et lui donner tel sens en ayant tel comportement.
J’ai rencontré les sciences humaines à travers l’astrologie, la graphologie, la morpho psychologie, toutes m’ont passionnée, mais aucune ne m’a vraiment satisfaite et surtout chacune me donnait à m’interroger sur le libre arbitre qui flirtait entre l’inné et l’acquis.
Au PLUS PROFOND DE MOI j’étais convaincue que l’homme et la femme naissent libres. LIBRE de choisir leur destin.
VBC : vous avez découvert une vérité fondamentale : la femme souffre …
DP : Pendant mes recherches j’ai rencontré moult femmes en souffrance : séparations, divorces, deuils, dépression, chômage, ou pire : maltraitance, abandon, dévalorisation, viol, inceste, harcèlement,
Elles venaient en parler à demi-mots, elles venaient surtout chercher un espoir, elles voulaient m’entendre leur dire que leur vie allait changer….
Or la position des astres ou n’importe quelle autre approche symbolique pour percer le mystère d’un destin ne peut faire le travail de changement de vie à la place du sujet.
J’avais la conviction profonde qu’elles seules pouvaient changer quelque chose, qu’elles pouvaient acquérir les moyens de se sortir de ces situations de souffrance et de violence physique, psychique ou économique.
J’ai compris que les évènements qui jalonnent un destin n’ont en eux-mêmes aucune importance et sont inhérents à la vie de l’être humain.
C’est le sens que l’être humain va donner à cet évènement, c’est ce que lui va en faire qui va construire son destin, c’est un choix, un choix de réaction, de comportement, un choix conscient ou inconscient mais un choix. L’Homme est libre non pas de choisir les évènements de sa vie, mais de ce qu’il va en faire. La femme n’a pas la liberté de choisir de naître femme ou pas mais elle a la liberté du choix qu’elle va faire de sa vie de femme !
Je me sentais impuissante à aider ces femmes ! Elles s’adressaient à moi un peu comme dans la chanson « Anne ma sœur Anne ne vois tu rien venir, … » !
Alors j’ai changé de chemin !
VBC : vous vous êtes alors tournée vers la psychologie et vous avez mené pendant 4 ans des études de psychothérapeute. Et là, vous avez fait la rencontre avec quelqu’un qui a littéralement changé votre vie : Freud !
DP : Ces études et ma rencontre avec des auteurs comme Freud en premier et bien d’autres par la suite m’ont permis de commencer à comprendre.J’ai fait mienne la première hypothèse freudienne : Les hommes et les femmes ont des constructions psychiques différentes…et par conséquent des réactions émotionnelles et comportementales différentes
Premier constat : hommes et femmes ne fonctionnent et ne ressentent pas de la même façon !
Deuxième constat : notre personnalité de femme ou d’homme se construit autant de l’inné que de l’acquis…
De l’inné car notre patrimoine génétique se retrouve dans la moindre cellule de notre corps de même que notre intelligence, nos aptitudes et notre caractère dépendent en grande partie de nos gènes (et non du poids de notre cerveau !)
De l’acquis si 10 % seulement de nos connexions cérébrales existent dès notre naissance 90 % des connexions cérébrales restantes vont se construire en fonction des stimulations extérieures familiales ET sociales.
Familiales :
1. Freud explique nos constructions psychiques en observant que dès l’âge de 2 ans l’enfant organise sa conduite en fonction de son genre, garçon ou fille, et vers 3 ans il se sait garçon ou fille et commence à se comporter comme un individu sexué, bien qu’il entretienne encore à ce stade des liens étroits avec le modèle féminin pour rejoindre vers 5 ans le modèle adulte de son sexe.
2. A la préadolescence s’achève cette construction psychique, l’enfant s’approprie et modélise les traits et le rôle attribué aux hommes et aux femmes ; il s’affirme dans sa dimension sexuée.
Avec cette vision l’importance des modèles parentaux est déterminante tant les comportements adoptés par les parents ou par les éducateurs ont un impact sur le cerveau en pleine construction du petit garçon ou de la petite fille.
Sociales :
1. les constructions d’éducations inconscientes familiales et sociales ne sont pas tout à fait prêtes à valider cette liberté d’être au féminin qui pour moi sera la prochaine grande étape de l’évolution des femmes.
2. Nous avons dépassé le concept de la libération de la femme et nous avons à apprivoiser cette liberté en veillant à ne pas retourner même inconsciemment dans nos donjons.
3. Or j’entends très souvent des expressions faites de crainte, de retenue ou d’autorisation à demander, avec des « je dois » « je ne peux pas » « il faut que » reliées à des interdictions familiales ou conjugales.
VBC : vous avez poursuivi votre développement personnel en approfondissant vos connaissances en communication via la PNL et l’énnéagramme, cette méthode de connaissance de soi et de sa personnalité profonde.
DP : oui, car si l’analyse et la psychanalyse répondaient parfaitement à la question « pourquoi suis-je dans ce mal-être ?», il me manquait les outils pour répondre à la question qui me paraissait devenir très vite importante : « comment sortir de ce mal être ?». La P.N.L. programmation neuro linguistique part du présupposé que nous sommes le fruit d’apprentissages, nous avons appris à apprendre !
Nous avons appris à marcher, à manger, à dire bonjour, nous avons appris à obtenir ce que nous voulions en adoptant tel ou tel comportement, nous avons appris à aimer, à être malheureux ou heureux… telle petite fille peut comprendre qu’en étant obéissante et polie elle obtenait très vite ce qu’elle voulait de son père , tel petit garçon peut apprendre à ne pas dire la vérité surtout à une femme après avoir reçu une gifle au moment où encouragé par la promesse de sa mère qu’un faute avouée est à moitié pardonnée….
Nous pouvons changer d’apprentissage.
L’énnéagramme est une approche de lecture de la personnalité qui se décline en 9 bases. Partant de l’idée que chacun de nous a visité les 9 peurs fondamentales et a cliqué pour des raisons conscientes ou inconscientes, familiales ou génétiques sur l’une d’elles et a construit sa personnalité, une personnalité c'est-à-dire ses comportements et ses réactions pour se protéger de toute situation rappelant de près ou de loin les émotions de cette peur primaire. c’est son bouclier.
L’intérêt de l’ennéagramme est de sortir de ce bouclier, pour aller explorer d’autres comportements
VBC : vous vous êtes ensuite spécialisée dans la problématique : comment entrer en véritable communication avec l’Autre, reconnaître la différence de l’Autre.
DP : Aujourd’hui vivre avec l’autre demande d’intégrer sa différence et non pas seulement de la tolérer. L’intégrer à sa propre différence et s’en enrichir. Pour qu’il y ait différence il faut qu’il y ait diversité et que cohabitent des spécificités ! La diversité ne peut pas naître de l’uniformité ! La femme a intérêt a se référer à sa différence, à la nourrir et à la faire reconnaître.
VBC : Vous êtes coach de femmes. Que viennent chercher les femmes auprès de vous ?
DP : Voilà plus de 10 ans que j’accueille chaque jour des femmes en consultation et en formation. Or depuis 10 ans, je recueille les mêmes maux /mots quant à leur culpabilité de choisir leur vie et les mêmes craintes face aux difficultés d’organiser leur vie personnelle et vie professionnelle.
Avant de discourir sans cesse sur la parité …parlons de la liberté ! De notre liberté de femme ! La liberté, c’est choisir. Ce mot, l’homme le conjugue depuis la nuit des temps, tandis que la femme l’apprivoise depuis peu (elle travaille sans l’autorisation de son mari depuis 1965…..soit depuis 43 ans seulement et ne dispose librement d’un compte bancaire que depuis 1968 !)
Je suis émue, touchée au plus profond de moi par le désarroi souvent silencieux des femmes, bouleversée par leur remise en question face à des choix de vie, face à leurs difficultés à trouver leur juste place.
J’ai moi-même bataillé, tâtonné avant d’être capable de faire le tri de ce que je voulais garder ou non de l’héritage familial transmis par les femmes de ma famille.
Comment remplir mon rôle de mère tout en donnant la parole à la femme que je suis ?
Comment choisir une voie professionnelle qui m’est chère tout en tenant compte des impératifs familiaux (horaires de crèches, priorité à la carrière du mari)
Il suffit de constater combien la reconnaissance de la place de la femme avance plus vite dans la société régie par des lois et des quotas, que dans sa famille où se mêlent et souvent se heurtent des ancrages inconscients très anciens (le sens de l’oubli ou du don de soi, la notion d’obéissance dans son sens médiateur, son rôle d’éducatrice,) et des possibles nouveaux (les hautes études, la prise de décision, faire ou ne pas faire d’enfants, etc.)
La femme n’est pas forcément préparée à affronter de plein fouet une telle liberté ! Elle cherche à l’apprivoiser, elle emprunte divers chemins pour tenter d’être libre tout en respectant, en nourrissant les valeurs de la vie familiale, et en accompagnant la liberté de son conjoint.
Mon rôle est de les accompagner sur ce chemin qui les mène à elles. Je les aide à cultiver leur talent sur un mode féminin.
VBC : Pouvez-vous nous donner des exemples – anonymes - de femmes que vous avez aidées à s’en sortir ?
DP : Toutes ces histoires de femmes font écho à notre propre histoire de femme ! Qu’il s’agisse de :
• Marianne qu’un divorce jette à la rue avec ses deux enfants,
• de Roselyne qui croit bien faire en oubliant ses propres désirs,
• de Natalia qui confond aimer et satisfaire l’autre,
• de Sylvia qui veut faire payer l’infidélité,
• de Francine qui se sert de l’homme comme d’un ascenseur social et politique…
• ou de Myriam qui modélise le comportement paternel !
Qu’elles aient 18 ans ou 60 ans, la relation à l’homme reste pour elles la terre promise, le cauchemar, le rêve, une gare de départ ou d’arrivée… un lieu de plénitude ou de souffrance, un moment où elles découvrent qu’elles sont des femmes et qu’elles sont différentes des hommes !
VBC : dans votre livre Coaching de femmes, qui en est à sa 2° édition, vous vous interrogez sur les comportements stéréotypés que l’on observe encore de nos jours entre l’homme mâle supérieur et la femme soumise et inférieure par nature, comportements stéréotypés transmis inconsciemment par l’éducation.
DP : Dans la gamme des situations qui pourraient illustrer ces rapports d’obéissance ou de soumission, le phénomène des femmes battues reste le pire de tous. Mais d’autres plus insidieux sont également transmis par l’éducation ….à travers les comparaisons ou les oppositions ou les discussions familiales. Même aujourd’hui j’entends de la part de jeunes adolescents des réflexions souvent à propos des filles qui me stupéfient. Et surtout la demande amoureuse n’a guère changé ! Car les histoires familiales n’ont pas changé …
Nous restons encore et toujours dans l’illusion que l’autre peut nous rendre heureux.
Je fais souvent référence à l’affirmation de LACAN à propos du couple : le couple disait-il c’est 1+1=3 … nous sommes toujours à vouloir que 1+1= 1 ou encore 2… Alors que pour LACAN l’homme+la femme = une troisième entité : le couple dans lequel chacun apporte quelque chose de différent.
VBC : dans votre livre, vous vous interrogez également sur votre identité de femme. Vous dites : « plutôt que de liberté ou d’égalité, n’avons-nous pas besoin d’une identité ? Vous incitez les femmes à être transformées par elles-mêmes et pour elles-mêmes. »
DP : Aujourd’hui nous avons obtenu des droits. Ce qui nous permet de nous exercer à conjuguer le verbe avoir, il y a encore du travail. Et surtout il nous reste à conquérir le verbe ETRE.
A quoi nous servira d’occuper les premières loges en politique, les postes les plus importants dans le commerce ou dans l’industrie, si nos stratégies intérieures, nos croyances, et nos attentes face à l’homme restent les mêmes ? Cette liberté d’être nous appartient, ce n’est pas l’homme qui va nous la donner.
VBC : L’éducation des filles (et des fils) par les mères est également un sujet que vous abordez longuement. Qu’avez-vous constaté auprès des femmes qui vous ont consultée ? Que préconisez-vous ?
DP : Ce que j’ai constaté ? C’est le paradoxe dans lequel les femmes s’enlisent parfois dès qu’il s’agit de l’éducation. Je veux dire par là que très souvent elles veulent transmettre à leurs enfants une idée, une vision égalitaire entre l’homme et la femme, elles le font lors de discussion, d’échanges avec leurs enfants, elles expliquent…. ET ont une attitude parfois contradictoire dans leur propre relation à l’homme, dans leur propre comportement avec le père ;
Or l’enfant retient et modélise le comportement pas le discours.
Les mères sont et resteront je pense encore longtemps les liens de transmission, transmission de vie, transmission de valeurs, de croyances, de culture familiale, ce sont elles qui apprennent à leur enfant à aimer et à être aimé. Et elles le font avec leur propre histoire à l’homme, avec leur propre regard sur l’homme donc avec leur cœur et leur corps et non avec l’intellect.
Je ne néglige pas le rôle du père, il est différent, il est celui qui va compléter, qui va consolider ou pas cette transmission.
VBC : tout votre livre démontre que les femmes ne fonctionnent pas comme les hommes, qu’elles ont des constructions psychiques, des réactions émotionnelles et des comportements souvent à l’opposé de celui des hommes (je cite). Pouvez-vous nous détailler votre pensée ?
DP : Bien sûr notre construction psychique prend sa source à la fois dans la chronologie des différents stades prégénitaux (oral, anal et phallique) qui vont structurer notre psychisme pour nous permettre d’accepter la frustration de ne pas être tout puissant, c'est-à-dire d’accepter la réalité : garçon ou fille, nous ne sommes pas la source de jouissance et de plaisir de notre mère. Le complexe d’oedipe et le complexe de castration vont amener une rivalité inconsciente à propos du pénis entre garçon et fille et dans la modélisation des attitudes et des comportements parentaux qui tournent souvent autour des relations de pouvoir pour les uns ou de séduction pour les autres.
John Grinder ajoute « après avoir mangé la pastèque tout au long de notre enfance et de notre adolescence nous passons notre vie à en cracher les pépins ».
Ces pépins sont les apprentissages reçus par les hommes sur leur manière d’être homme et reçus par les femmes sur leurs attentes de femmes.
VBC : Nous vivons actuellement dans un monde sous tension permanente : tensions démographiques, écologiques, politiques, économiques. Est-ce que ces tensions ne pourraient pas s’apaiser notamment par la reconnaissance de cette différence entre les sexes et par l’enclenchement d’une véritable relation constructive entre les 2 genres de l’espèce humaine ?Une véritable relation ne peut s’installer que dans une nouvelle communication.
DP : Une communication où chacun est responsable à part entière de la qualité de la relation alors que nous laissons très souvent une grande part au hasard dans cette construction de relation.
Les conditions de cette nouvelle relation seraient dans une prise de conscience plus adulte de chacun, dans une maturité psychique, en sortant des sentiers battus… en étant plus flexible … il y a plusieurs dizaines de façons d’aimer et pas forcément celle qui nous a été transmise ou celle que nous refusons de reproduire… !
Une nouvelle communication demande de la créativité et de la maturité de part et d’autre, c'est-à-dire veiller à ne pas rechercher chez l’autre des compensations de notre enfance ou des ressemblances ou des échappatoires à des modèles familiaux ou parentaux.
Une relation peut se voir comme un système composé de 2 parties, où chacun exprime clairement ses attentes, et sa capacité ou pas à satisfaire celles de l’autre, pour justement entretenir une relation satisfaisante pour les 2 parties.
Les questions à se poser ensemble seraient :
• qu’est ce que je veux ?
• en quoi c’est important pour moi ?
• qu’est ce que j’attends de toi ?
• quels sont les comportements précis que j’attends de toi ?
(et non pas seulement des traits de caractère)
• qu’est ce que je suis prête à t’apporter (nous pourrions nous apercevoir que nous apportons ce que nous aimerions que l’autre nous apporte ! ou que nous reproduisons ou au contraire cherchons à fuir des modèles qui nous viennent de notre enfance).
Une relation ça se construit dans la communication, une relation ça vit et ça meurt, et une relation aussi belle soit-elle s’étiole si elle n’est pas nourrie.
Voici une petite histoire qui peut illustrer ce que je veux dire : Dans une lointaine tribu africaine, une ancestrale coutume veut que pour son mariage, la jeune fille construise elle-même la case qui servira de domicile conjugal. Après avoir formé les murs avec des lianes et des feuilles géantes la jeune fille compose le toit avec de très grandes feuilles habilement entremêlées. Un couple marié depuis plusieurs années traversait une mauvaise passe et voici ce que l’épouse imagina pour éviter le pire. La jeune femme commença à enlever une par une chaque feuille du toit de leur case, symbole de leur union. Emu le mari se mit à pleurer, mais sa femme sans rien dire continuait à « déconstruire » le toit. Il décida alors de modifier son comportement. Séchant ses larmes et feignant de méconnaître le sens du geste de sa femme il lui déclara « tu as bien raison d’enlever les feuilles du toit de notre case : elles sont bien sales et ont besoin d’être nettoyées » il l’aida alors à les enlever toutes, et ensemble ils les lavèrent à la rivière avant de les remettre en place. Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants qu’ils élevèrent dans une case aux feuilles régulièrement lavées à la rivière…
VBC : quelle serait la recette pour construire et vivre une relation satisfaisante :DP :
• se poser les questions utiles sur ses attentes et les comportements qui satisferont ces attentes
• dialoguer avec l’autre sur ces thèmes
• découvrir les modèles inconscients de la relation de chacun
• réévaluer ses critères en les adaptant aux différents contextes
• rester attentif à son seuil de tolérance
• remarquer le positif et pas seulement le négatif
• apporter de l’imprévisible, introduire des changements dans les habitudes
• apprendre à modifier un comportement qui a perdu son sens
• réviser tout cela régulièrement
VBC : pour terminer avez-vous un message à faire passer à l’auditoire ?
DP : Oui. Traitons la relation homme femme comme nous traitons le thème de la protection de l’environnement ! Gardons les yeux ouverts, Soyons aussi attentifs à trier nos déchets qu’à trier nos croyances, nos valeurs, nos ressources, protégeons la relation homme femme comme nous protégeons notre environnement … traitons la comme un sujet du développement durable
Il est important pour moi de rappeler aux nouvelles générations de femmes combien le chemin a été long et douloureux pour obtenir ce qu’elles ont aujourd’hui, et que c’est de leur devoir de passer du verbe avoir des droits au verbe être libre de choisir parmi ces droits. Nous en sortirons grandies, et les hommes, avec nous, aussi.
Car aujourd’hui 2 millions de femmes élèvent leur enfant seule et 30 % d’entre elles vivent en dessous du seuil de pauvreté.
La femme est pour moi la clef de voûte de l'humanité et à ce titre elles doivent prendre soin d'elles et les hommes doivent en prendre soin.
VBC : et quel est votre rêve le plus fou ?
DP : J’en ai deux !
• un très personnel : faire le tour du monde avec mon mari…
• un moins personnel : que le gouvernement me confie un ministère de la protection de la relation HOMME/FEMME !
<VBC : merci beaucoup Dora. Nous allons maintenant passe la parole à la salle.
En savoir plus :
- Coaching de femmes par Dora PANNOZZO
- Coaching de prestige
14:56 Publié dans Agora Einstein, Portrait de femme, Rencontre débat | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : femmes3000 côte d'azur, dora pannozzo, différence hommes femmes


Commentaires
Soirée intéressante et sympathique. Dora est une femme qui force l'admiration. J'ai aussi pris beaucoup plaisir à découvrir l'Association et j'ai pris plaisir de m'entretenir avec le mari de Dora et quelques personnes pendant le cocktail qui a suivi son exposé.
Pendant le temps consacré aux questions et réponses qui a suivi l'exposé de Dora, je me suis permit d'évoquer brièvement le Triangle dramatique de Karpman de l'Analyse Transactionnelle. La pratique répétitive de ce triangle (ou plus exactement les comportements des personnes qui le pratiquent plus ou moins inconsciemment) est bien sur très destructeur pour une communication authentique et constructive entre les hommes et les femmes. Elle n'est pas favorable à la "recette de Dora pour bien vivre la relation femmes -hommes ". L'AT nous apprend à prendre conscience des jeux psychologiques et tente de nous apprendre comment ne pas entrer volontairement ou involontairement dans le jeu. Le thérapeute à l'écoute de la patiente ou du patient pourra aussi se faire une première idée de la "structure de la personnalité" du sujet qui s'exprime à propos du ou des jeux qu'il pratique: structure dépendante (Victime) ou plutôt paranoïaque (Persécuteur) V. ou P. à tour de rôle pendant la partie, avec cependant une préférence), il faut bien faire une pause, alors la V. ou le P. offrira une porte de sortie en attendant l'occasion de remettre ça!!! Il fallait bien un Sauveur, la vaisselle ou le lavage de la voiture, il faut trouver le temps nécessaire pour accomplir ces tâches, on remettra ça plus tard. Les prétextes pour repartir dans les jeux psychologiques ne manquent pas, on peut aussi repartir sur les mêmes sujets
Référence à C-G Jung:
La communication "hommes - femmes" n'est pas sans relation avec l'inconscient des personnes qui communiquent
je pense en ce qui concerne l'homme à son Anima et en ce
qui concerne la femme à son Animus, deux Archétypes mis en lumière par C-G Jung, c'est-à-dire des éléments de l'inconscient collectif auquels les individus sont amenés à se conformer. Projeter ces Archétypes sur un homme réel ou une femme réelle pourrait bien perturber sérieusement les relations femme - homme, car la projection est d'une certaine manière la négation de l'être réel qui se trouve en face. Le partenaire qui se trouve être le support du transfert pourrait bien ne pas accepter ce rôle dans la durée, ne pas "cadrer" avec l'Anima masculin ou l'Animus féminin.
Si les femmes et les hommes parviennent à prendre conscience de cette part caché d'eux-mêmes, la communication s'en trouvera peut-être facilitée
Cordialement
Robert
Écrit par : Robert MAGAR | 18.01.2009
Soirée intéressante et sympathique. Dora est une femme qui force l'admiration. J'ai aussi pris beaucoup plaisir à découvrir l'Association et j'ai pris plaisir de m'entretenir avec le mari de Dora et quelques personnes pendant le cocktail qui a suivi son exposé.
Pendant le temps consacré aux questions et réponses qui a suivi l'exposé de Dora, je me suis permit d'évoquer brièvement le Triangle dramatique de Karpman de l'Analyse Transactionnelle. La pratique répétitive de ce triangle (ou plus exactement les comportements des personnes qui le pratiquent plus ou moins inconsciemment) est bien sur très destructeur pour une communication authentique et constructive entre les hommes et les femmes. Elle n'est pas favorable à la "recette de Dora pour bien vivre la relation femmes -hommes ". L'AT nous apprend à prendre conscience des jeux psychologiques et tente de nous apprendre comment ne pas entrer volontairement ou involontairement dans le jeu. Le thérapeute à l'écoute de la patiente ou du patient pourra aussi se faire une première idée de la "structure de la personnalité" du sujet qui s'exprime à propos du ou des jeux qu'il pratique: structure dépendante (Victime) ou plutôt paranoïaque (Persécuteur) V. ou P. à tour de rôle pendant la partie, avec cependant une préférence), il faut bien faire une pause, alors la V. ou le P. offrira une porte de sortie en attendant l'occasion de remettre ça!!! Il fallait bien un Sauveur, la vaisselle ou le lavage de la voiture, il faut trouver le temps nécessaire pour accomplir ces tâches, on remettra ça plus tard. Les prétextes pour repartir dans les jeux psychologiques ne manquent pas, on peut aussi repartir sur les mêmes sujets
Référence à C-G Jung:
La communication "hommes - femmes" n'est pas sans relation avec l'inconscient des personnes qui communiquent
je pense en ce qui concerne l'homme à son Anima et en ce
qui concerne la femme à son Animus, deux Archétypes mis en lumière par C-G Jung, c'est-à-dire des éléments de l'inconscient collectif auquels les individus sont amenés à se conformer. Projeter ces Archétypes sur un homme réel ou une femme réelle pourrait bien perturber sérieusement les relations femme - homme, car la projection est d'une certaine manière la négation de l'être réel qui se trouve en face. Le partenaire qui se trouve être le support du transfert pourrait bien ne pas accepter ce rôle dans la durée, ne pas "cadrer" avec l'Anima masculin ou l'Animus féminin.
Si les femmes et les hommes parviennent à prendre conscience de cette part caché d'eux-mêmes, la communication s'en trouvera peut-être facilitée
Cordialement
Robert
Écrit par : Robert MAGAR | 18.01.2009
La 21ième rencontre femme 3000, intitulée : « Dora PANNOZZO, d’une femme à l’Autre. Parcours d’une femme rebelle qui œuvre à la compréhension des hommes et des femmes », fût l’occasion d’échanges riches sur cette question, si vieille, que pose la relation femme-homme.
Intriguée par le « A » majuscule du terme « Autre » dans l’expression « d’une femme à l’Autre » j’ai interpellé Dora PANNOZZO, lors du débat de la soirée, afin d’être éclairée sur le sens de cette formule.
L’Autre, avec un « A » majuscule, évoque le « grand Autre » lacanien : Lieu du code, trésor des signifiants, réseau de relation, grand Autre que le sujet place en position absolue, ou comme certains ont précisé : l’Autre maternel….
L’expression « d’une femme à l’Autre » peut être interprétée par le mouvement qu’elle évoque, de l’une à l’autre ; la femme allant tantôt de sa position de « femme » à sa position de « Autre », comment Dora PANNOZZO définit ces deux positions ?
A moins que l’on remplace le « à » de cette expression par « appartenant à », on pourrait entendre : « femme appartenant à l’Autre », ce qui pourrait alors être interprété comme suit : femme objet du désir de l’Autre. Dora PANNOZZO considère-t-elle, ici, que la femme est destinée à combler et/ou faire jouir ce grand Autre ?
Je regrette que la réponse ne soit pas venue de Dora PANNOZZO, car, la compréhension, la communication entre hommes et femmes soulèvent les questions du signifiant, de la « parole pleine », de la jouissance etc.
J’ai fort apprécié l’intervention de Valérie Blanchot Courtois, qui « avoua » être seule responsable de ce « A » majuscule, devenu ici, faute de frappe, (Freud aurait peut-être dit : lapsus), et qui instantanément nous a proposé une interprétation sincère : son souhait fût, peut-être, de faire de cette conférence un espace, une passerelle où la femme soit reconnue comme la condition incontournable par laquelle passe la relation homme femme.
Cordialement
ZANIN LIVIANNA
Président association HANDISAVOIR
Écrit par : zanin livianna HANDISAVOIR | 25.01.2009
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