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01/05/2013

Ces femmes qui font l'Europe (4) : Danièle Jourdain-Menninger, présidente de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie

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Interview de Danièle Jourdain-Menninger, présidente de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie : « En Europe centrale ou orientale, les drogues licites restent encore peu évoquées »

Interview réalisé par Hélène DELMOTTE (email)

DJM 2 couleur.jpgDanièle Jourdain-Menninger, énarque de formation, a travaillé dans plusieurs cabinets ministériels, dont celui de Lionel Jospin, de 1997 à 2002. Inspectrice générales des affaires sociales, elle a signé de nombreux rapports, dont « Prostitutions : les enjeux sanitaires » (décembre 2012) ou « Evaluation de la prise en charge du diabète » (juin 2012). Elle préside depuis septembre dernier la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT).

Quelles sont vos actions prioritaires à la tête de la MILDT ?

DJM : Le Premier ministre m’a demandé de privilégier une conception élargie de la prévention tout en menant une politique intégrant l’ensemble des substances psychoactives ainsi que l’addiction aux jeux et à Internet. J’insisterai aussi sur les risques du tabac, de l’alcool et des nouvelles drogues de synthèse. Par ailleurs, des politiques ciblées en direction de certaines populations, dont les femmes enceintes, seront mises en œuvre. En ce qui concerne la lutte contre le trafic, je veillerai à une coordination renforcée des actions des ministères régaliens afin de susciter des réponses à la hauteur des enjeux. Il importe de  créer le bon équilibre entre l’application de la loi, la prévention et le soin, car tous ces champs sont complémentaires dès lors que l’on sait où mettre le curseur. Pour mettre en œuvre ces priorités, la MILDT travaille avec les ministères concernés à l’élaboration du plan triennal de lutte contre la drogue et la toxicomanie qui sera présenté fin juin.

Qu'est-ce que le groupe Pompidou ?

DJM : Cet organe intergouvernemental du Conseil de l’Europe, créé en 1971 à l'initiative du Président Georges Pompidou, contribue au sein de la Grande Europe, à l'élaboration de politiques de lutte contre la toxicomanie, multidisciplinaires, innovatrices, efficaces et basées sur des connaissances validées. Cherchant à relier les politiques, la pratique et la recherche scientifique, il est un forum multidisciplinaire où les responsables politiques, les professionnels et les chercheurs échangent des idées et des informations sur les divers problèmes posés par l’abus et le trafic des stupéfiants. Depuis novembre 2010, c’est la France et donc le (la) président(e) de la MILDT qui préside ce groupe.


Existe-t-il des approches différentes en Europe en matière de lutte contre la toxicomanie ?

DJM : Je dirais que la tendance est à une harmonisation, sinon des législations, au moins des pratiques au niveau européen. La Stratégie européenne (2012-2020) de lutte contre la drogue qui a été adoptée par les 27 pays de l’UE en décembre dernier et qui sera déclinée en deux plans d’action successifs constitue la pierre angulaire de la politique antidrogue en Europe. L’objectif est de soutenir et de compléter les politiques nationales en intégrant également les nouveaux défis et notamment la polytoxicomanie, la diffusion rapide de nouvelles drogues, l'utilisation d'Internet dans le trafic de drogue, ainsi que les disparités entre États membres. La tendance à adopter une approche prenant en compte l’ensemble des substances se retrouve surtout parmi les pays qui faisaient partie de l’UE avant 2004 alors qu’en Europe centrale ou orientale, les drogues licites restent encore peu évoquées.

Quelle est la proportion des femmes usagères de drogues ?

DJM : Globalement les femmes consomment moins de substances psychoactives que les hommes. Selon l’enquête Baromètre santé 2010, 25% des femmes de 18 à 65 ans ont expérimenté le cannabis contre 41% des hommes et chez les 18 - 25 ans, 9% des filles en ont consommé au cours du dernier mois contre 18% des garçons. Les hommes sont également trois fois plus nombreux que les femmes à consommer quotidiennement de l’alcool. Mais il est inquiétant de constater que si 52% des hommes déclarent avoir bu plus de 6 verres en une seule occasion au cours de l’année contre 21% des femmes, ce type de consommation est en nette augmentation chez les jeunes femmes de 18 à 25 ans : de 30% à 42% entre 2005 et 2011. L’usage quotidien de tabac concerne 33% des hommes et 27% des femmes avec une hausse plus forte ces dernières années chez les femmes, essentiellement chez celles de 45 à 64 ans (+ 6 points).

 Propos recueillis par Hélène DELMOTTE

Hélène DELMOTTE.jpgHélène DELMOTTE

Rédactrice en chef de la Gazette Santé-Social, Hélène Delmotte s’est toujours intéressée aux professionnels qui travaillent aux côtés des publics les plus vulnérables : personnes malades, âgées, handicapées, en situation d'exclusion, enfance en danger, populations immigrées... Elle a une réelle admiration pour leur engagement - ce sont souvent des femmes d'ailleurs - et pour leur vocation. 

Sur le projet Femmes 3000 « Ces femmes qui font l’Europe » : Elle est particulièrement heureuse d'avoir été associée au projet "ces femmes qui font l'Europe" de Femmes 3000. Ce sont elles qui feront avancer les idées les plus audacieuses en matière de citoyenneté et de solidarité notamment.   

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