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20/08/2013

Ces femmes qui font l'Europe (10) : Rencontre avec Laurence AUBRON, fondatrice d’EuradioNantes, Eur@dioNantes, l’Europe vue d’une autre oreille

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Eur@dioNantes, l’Europe vue d’une autre oreille
Rencontre avec Laurence AUBRON, fondatrice d’Euradionantes

Lorsque l’on réfléchit aux femmes qui font l’Europe, on pense tout d’abord aux femmes politiques car elles ont le pouvoir de faire changer les choses, puis aux citoyennes, car elles sont les premières concernées au quotidien par les avancées de l’Europe.

On pense ensuite aux femmes des médias chargés de faire comprendre d’informer, de relayer vers l’opinion publique, et peut-être même de prendre position …

Mais quel type  de média choisir ? Un média existant avant l’Europe et qui développe une rubrique sur ce sujet ? Un média d’un des pays européens pour mieux suivre son actualité et  ses engagements au  sein de l’Europe ? Ou un média créé dans une dimension européenne ?

C’est en fait ce dernier type que j’ai choisi de vous faire découvrir : une radio, dont le siège est à Nantes et qui ne compte pas moins de 20 nationalités en son sein.

Son nom, Eur@dioNantes, dit tout, et son slogan « L’Europe vue d’une autre oreille », aussi.

Laurence AUBRON.jpgRencontre découverte avec la fondatrice de cette radio un peu spéciale, Laurence AUBRON.

Fabienne PREVOT : Laurence, Tu peux nous parler un peu de ton parcours ? 

Laurence AUBRON : Je suis arrivée tard à la radio, mon parcours n’est pas linéaire. Je viens d’un milieu populaire où il faut travailler pour payer ses études. Je devais initialement être prof d’anglais. Après avoir loupé le bac, je suis partie aux Etats-Unis quelque temps. A mon retour, je fais des jobs saisonniers dans la région (récoltes, serveuse, ...). Et puis je me dis : « Ce n’est pas possible, je ne vais pas passer ma vie à  être serveuse ! »

Je dis alors à ma mère : tu as raison je vais repasser le bac, c’est compliqué mais c’est possible. Je l’obtiens et puis je cherche un job.

Un jour, tu traverses un couloir et tu entends qu’au bout de ce couloir, il y a une radio associative qui émets, tu ouvres la porte, et là tu découvres que c’est juste tout ce que tu veux faire. Et tu te dis : je veux faire ça ! Voilà comment je suis arrivée chez Jet FM !

C’est ce que, inconsciemment, tu as toujours rêvé de faire : tu as trouvé ta voie !


FP : Et tu as quel  âge à ce moment-là ?

LA : 25 ans

FP : Pas si vieux pour entrer en radio ?

LA : Oh si, c’est vraiment tard !

Alors tu fais ton trou ! « Je vais trouver les financements pour mon propre poste, hein ! »

Rires

Le plus étonnant, c’est que j’ai trouvé ces financements à chaque fois que j’en ai eu besoin !

FP : Comment t’est venue l’idée de créer une radio autour le thème de l’Europe ?

LA : L’idée m’est venue en 2005 à la suite du référendum, j’étais mécontente de la façon dont on traitait l’information ; on n’était pas sur une info vérifiée, fondée. J’étais au niveau des lecteurs et auditeurs lambda avec la sensation de me faire avoir. A ce moment-là, mes cercles d’amis ont éclaté dans ces discussions sur l’Europe. Cela a été une bonne chose, car c’était la 1ère fois que l’on discutait du projet européen et de la construction de l’Europe. Ça a remué  beaucoup de choses en moi.

Je me suis alors dit : « Je ne peux pas en rester là, je ne peux pas toujours rouspéter sans relever mes manches. Tu es journaliste, est-ce que tu n’es pas capable de faire des choses ? »

J’ai commencé à réfléchir en autoentrepreneur à un projet de radio qui traiterait de l’info de l’Europe. J’ai  décidé d’adapter ce média, de le faire pour quelqu’un d’autre, pour les autres qui comme moi sont friands de comprendre cette nouvelle entité dans laquelle mon pays est partie prenante et qui s’appelle Europe. Et en fait j’ai commencé à me lancer dans le projet ; et plus ça allait et plus au fil des idées échangées ou de mes réflexions,  je m’apercevais que j’avais de quoi faire une antenne radio à part entière.

J’ai eu la chance de voir sortir un appel d’offre du CSA  Français qui permettait de rendre ce projet  possible. Je me suis alors dit : «Tente ta chance ! ».

J’ai  répondu à l’appel d’offres, rédigé avec d’autres pour l’écriture, la forme, ce qui a donné lieu à beaucoup de rencontres et de discussions autour de ce projet. J’ai vraiment écrit le premier dossier au fil des rencontres : on se cherchait, on se disait : « ça ce n’est pas possible, ça  oui, ça non   … » J’ai  grâce à cela fait de très belles rencontres qui sortaient de mon cercle habituel et rendues possibles par mon énergie et mon engagement. Le processus de création fait que tu te dépasses.

Mon projet est accepté en 2007 par le CSA qui me donne un accord pour émettre.

Ma plus belle rencontre a été la présidente de Radio Nantes : elle n’avait rien à voir avec les médias - elle travaillait dans les transports en commun - mais elle était profondément européenne, portait les valeurs européennes, et avait une vision européenne via son domaine d’activité. Elle m’a accompagnée sur le projet, je dirais même épaulée. Ensuite cela a été la rencontre avec Jérôme Clément, président d’Arte France. Il m’a vite répondu et a accepté en une demi-journée d’être le parrain de ma radio. C’était l’homme que je voulais. Cela aurait pu être une femme mais Arte était pour moi LE modèle pour EuRadioNantes. Un média incroyable grâce auquel on réfléchit, on se questionne, un média en avance sur son temps. Malheureusement on y voit moins de versions originales aujourd’hui et le journal bilingue a un peu perdu.

FP : C’est le projet média et la télévision qui me touchent  le plus, qui m’interroge, qui me rend intelligente quand je la regarde.

LA : Ma ligne éditoriale amène à tirer vers le haut, à développer les informations, à faire en sorte que diverses personnalités en parlent, à rechercher des angles d’attaque nouveaux comme les grands thèmes majeurs de l’Europe.

En mai 2007, on a enfin émis pour la 1° fois, au sein d’un lieu improbable, une halle Alstom - ancien bâtiment industriel immense et atypique - !  Pour moi, ça faisait du sens au niveau européen puisque cette société a une production européenne, que cette halle est dans le quartier de la rénovation des friches de l’île de Nantes, qui est le  quartier de la création : c’est un symbole fort !

J’ai d’abord pris une grosse claque car cela m’a pris beaucoup de temps pour apprendre la langue anglaise incontournable pour communiquer avec l’Europe puisque choisie comme langue « officielle » des institutions européennes. Quand je suis revenue des Etats-Unis où j’ai considérablement amélioré mon anglais, j’ai réfléchi aussi à une autre approche à donner à la radio. Je travaillais sur Jet FM et j’ai par la suite pensé aux étudiants qui venaient pour un travail et qui collaboraient à cette radio ; j’ai  décidé de faire un appel d’offre afin de proposer cela pour EuRadioNantes : j’ai eu 10 nationalités différentes qui ont répondu, et on a fait des journaux en version originale scindée en 2 parties : les étudiants devaient tout d’abord faire une revue de presse pour leurs compatriotes dans leur langue maternelle, et, en seconde partie, ils concoctaient un agenda culturel des évènements, des lieux, de ce qui se passait à Nantes pour inciter les auditeurs à sortir.

FP : Quel est aujourd’hui  le positionnement de la radio ?

euradionantes.jpgLA : La ligne éditoriale est profondément européenne et il faut réussir à la comprendre ; en fait, en la créant, je me suis rendue compte qu’il manquait à l’information le 3ème échelon, à savoir la recontextualisation européenne, que je n’avais jamais pris en considération mais qui existait et que l’on pouvait valoriser. Ce qui a de vraies incidences sur un territoire national et même local.

Notre ligne éditoriale : traiter l’information du local au national européen en la recontextualisant systématiquement.

C’est certes compliqué mais, comme je le dis, à mes étudiants : ce qui fait la différence entre un journaliste moyen et un bon journaliste, c’est la capacité à réussir à déterminer les angles.

Notre cible est généraliste et pas seulement jeune ;  je voulais un projet intergénérationnel dans sa forme, ce que je pense avoir réussi car ce clivage  jeunes / vieux m’agace. De fait, les auditeurs ont entre 20 et 65 ans : objectif atteint par différents biais, en interne comme en externe :

  • La musique qui parle presque à 2 générations ;
  • Une information transversale, fédératrice qui lie les générations.

Et aujourd’hui  pour les plus jeunes, un lien dû à une spécificité d’Euradionantes : l’animation de certaines émissions est en anglais, avec 3 niveaux de compréhension de l’anglais. Pour les jeunes, c’est hyper « hype », très tendance, j’en suis très fière car à un moment où l’on demande à nos étudiants, lycéens et collégiens de parler anglais couramment, honnêtement, ils l’entendent où l’anglais ? Pas au cinéma et sûrement pas à la télé ! C’est aussi une nouvelle façon de les intéresser à l’Europe.

Cela peut paraître étonnant, mais on a une parfaite égalité Hommes/Femmes à l’antenne et ça ce n’est pas rien. En général, les antennes sont majoritairement masculines ou très féminines ; nous avons  56.7% de femmes et 43.3% d’hommes.

FP : Est-ce que votre information permet de relativiser, de pondérer certaines informations délivrées par les grands médias nationaux ?

LA : Oui, car nous on ne peut pas se permettre de prendre un territoire et de le comparer simplement à  un autre. Il faut creuser beaucoup plus les critères de comparaison.

FP : Il y avait déjà de l’entrepreneuse en toi ?

LA : Oui, il y a le goût des défis ; le besoin de dire  « j’en suis capable » et de relever ce défi ; c’est dans ma personnalité, ce qui d’ailleurs est peut être fatiguant au bout d’un moment  pour les autres!

Femmes et Europe

FP : Est ce que les femmes participent réellement à la construction de l’Europe ? Est ce qu’on leur laisse une place dans ces institutions plutôt réputées machistes, notamment à des postes de responsabilités ?

LA : Le niveau Européen est très différent du niveau Français. J’ai l’impression que l’objectif  pour l’Europe est de s’entendre, de dialoguer, de se comprendre et de construire ensemble, femmes et hommes y compris. La construction européenne au sens des institutions est un  sujet qui me passionne ; on est sur l’intérêt général donc avec une dimension forcément  plus pragmatique.

FP : Est ce que l’on n’y retrouve pas des problématiques nationales ?

LA : Peut-être. Il y a un sens politique très différent de celui du national avec en fil rouge cette idée de construire un bloc force face à d’autres puissance mondiales.

FP : As-tu à l’esprit des exemples de femmes qui ont fait l’Europe ?

LA : Une dont, bien que je ne partage pas les valeurs et les décisions politiques, est bien sûr Simone Veil. Elle a été présidente du Parlement Européen, ce n’est pas rien !

J’arrive à rencontrer des gens que j’apprécie plus que d’autres, mais j’apprécie tellement les femmes en général que le fait de rencontrer une femme qui agit localement suscite chez moi la même admiration que pour celle qui exerce au niveau européen. Pour cela, merci à mes parents qui ont su me rendre éclectique et ouverte. J’ai  fait de belles des rencontres, mais de grands noms, non, là rien ne me vient …

FP : Parle-moi de ces rencontres

LA : Par exemple, au sein du Parlement Européen, j’ai rencontré des femmes étonnantes qui  sont passionnées par ce qu’elles font, qui ont travaillé nuit et jour pour que leurs projets et leurs valeurs passent.  Comme Catherine Trautmann, par exemple. Ou, plus simplement, des femmes qui œuvrent pour mettre en contact les politiques et la presse, j’en connais une, admirable dans son boulot.

FP : Et celles croisées dans Euradionantes, mais qui agissent localement et sont aussi  impactantes ?

LA : Ici par exemple, nous avons Stéphanie Rabaud qui est à la tête de l’institut Kervégan, un think-tank qui tire vers le haut, qui fait beaucoup pour féminiser ce club un peu intellectuel, qui existe depuis très longtemps à Nantes. Elle est très impliquée aussi pour la  cause des femmes. Je suis aussi admirative de Marie Françoise Clairgeau, qui est députée de Loire Atlantique et qui s’est battue pour défendre au Parlement la cause des femmes, le mariage pour tous,  …

J’ai un peu de mal à en parler car j’en ai rencontré beaucoup, c’est naturel pour dans mon métier de rencontrer des femmes qui agissent. J’ai créé et animé une émission sur les femmes donc, oui, j’en ai rencontré des fabuleuses, et beaucoup !

Par exemple, Cécile Petident, journaliste et entrepreneuse. J’ai beaucoup de respect pour cette femme qui a monté sur le web Canard social (NDLR : qui a dû s’arrêter faute de budget depuis cette ITW) et qui se débat entre deux vies pour faire marcher ce média, car c’est aussi une maman de 4 enfants ! Canard social est un webzine au ton décalé et qui traite de vraies thématiques sociales, avec un contenu exceptionnel.

FP : Et dans le monde de l’entreprise ou de l’éducation, tu en as rencontré ?

LA : Moins en entreprise mais dans l’éducation, oui : des femmes qui m’ont accompagnée dans mon propre parcours puis dans la radio. Ce sont des femmes investies.

Je suis toujours épatée par le tempérament de certaines femmes qui disent « j’y vais et je vais aller jusqu’au bout » et qui, en parallèle, ont toutes ces vies que l’on connait, avec une double, voire triple, journée, des enfants en bas âge …

Maintenant que je suis moi-même mère de deux enfants en bas âge, je ne sais pas si  j’aurais monté EuRadioNantes dans un tel contexte. Honnêtement, je ne pense pas … Ce qui renforce mon admiration pour celles qui le font. Cela me donne la pêche. Et oui, je sais que c’est dur de gérer toutes ces vies !

Je ne vois pas beaucoup de femmes entrepreneuses. Les femmes sont peut-être les seules à se demander si elles sont capables, alors qu’un homme, capable ou pas, il y va ! Il y a toujours cette  première réserve, cette interrogation. Des fois, ces filles-là  me renvoient l’image que je suis un mec, dans le sens « y  être allée »  et c’est énervant. J’ai envie de leur dire : je suis une fille comme vous, j’ai les mêmes doutes !

FP : Sont-elles plus pragmatiques ? Concrètes ? Ont-elles un plus grand besoin de matérialiser les choses ?

LA : Peut être et à raison. J’ai  parfois envie de les remuer car je pense que le pragmatisme s’acquiert et que cela vient aussi des rencontres.

FP : Parmi ces femmes formidables celle qui t’as le plus bluffé ?

LA : Non, je ne peux pas en avoir qu’une …

FP : Ce qui t’impressionne le plus chez elles ?

LA : Ce qui est de l’ordre de la ténacité. Celles qui disent : Je vais aller jusqu’au  bout,  et qui sont prêtes à tout perdre pour aller jusqu’au bout, voire au-delà. Trouver des solutions, continuer, garder le cap quoiqu’il arrive !

FP : Qu’as-tu envie de dire aux Européennes ?

LA : Qu’elles en fassent plus !

Je veux de plus en plus de femmes en politique et à des places de plus en plus conséquentes, qu’elles s’y investissent ! Mais si elles sont déjà plus présentes au niveau décisionnel Européen qu’au niveau national, il y a encore du chemin à parcourir. Peu de personnes ont compris que le pouvoir s’était déplacé. Aujourd’hui, nos hommes politiques croient que le pouvoir national est le pouvoir suprême et donc ils envoient les femmes politiques à l’Europe, et c’est tant mieux !

Celles qui ont bien compris qu’elles avaient un vrai rôle à  jouer ici, localement déjà - comme les Morin Chartier, les Pervenche Béresse – sont très actives, mais ce n’est pas une généralité.

Qu’elles prennent localement les fonctions qui comptent là où elles sont : elles sont aujourd’hui nommées aux parcs et jardins et ça, je ne peux plus l’accepter,  je suis de la génération qui ne veut plus attendre l’égalité, car c’est bien trop important pour la richesse des débats. J’en veux plus à l’urbanisme, au budget, …

Moi c’est sûr que je pourrais vivre dans un monde de femmes sans aucun problème, mais cela n’engage que moi !

J’ai envie de voir des femmes dans le monde l’entreprise, à la tête des grandes entreprises !

La dernière grande patronne a été Anne Lauvergeon chez Areva, remerciée assez rapidement ; on n’a pas beaucoup de femmes comme elle au sein des comités de direction.

Dans le domaine de la culture, l’égalité est là, ainsi que dans l’éducation.

Dans les médias,  localement, les femmes patronnes de presse étaient assez bien représentées il y a quelque temps, mais ce n’est plus forcément le cas aujourd’hui, elles sont plutôt journalistes que rédactrices en chef ou patronne de presse. Elles abandonnent plus rapidement dans ces professions-là ! A la tête d’Arte par exemple, il y a une femme tout à  fait légitime. Rédactrice chef, responsable d’antenne sont des fonctions où les femmes sont finalement peu présentes.

J’ai envie que cela change réellement et j’aimerais bien voir une femme présidente de la république, on peut rêver, non ?

FP : Penses-tu que les femmes construisent l’Europe d‘aujourd’hui ? Si oui, qu’est ce qui leur est spécifique ?

LA : Ce qui est  intéressant dans la construction Européenne, c’est la nécessité de s’entendre, et de se comprendre. On n’est pas dans les schémas politiques habituels, avec des stratégies partisanes : il faut aller vers l’intérêt général, en étant pragmatique. Il y a peut-être là un sens politique différent de ce qui se trame au niveau national, où les egos et les enjeux électoraux prennent une part bien plus importante. Je ne sais pas si c’est quelque chose de féminin, et d’une manière générale, parler de spécificité féminine est toujours un peu suspect à mes yeux, mais en revanche, il y a bien là une spécificité Européenne.

FP : Comment cela se matérialise-t-il ?

LA : Le processus de décision européen est mal connu, mais il est d’une grande richesse.

FP : Que penses-tu qu’il manque à l’Europe d’aujourd’hui pour se renforcer demain et que les femmes pourraient promouvoir ?

LA : Les femmes peuvent tout promouvoir ! Arrêtons de leur confier uniquement des responsabilités ou des légitimités dans les domaines du « care » ou de la culture ! Elles sont compétentes aussi en économie, en sport ou en aménagement territorial !

Il y a une thématique bien féminine cependant : le droit des femmes, l’égalité femmes/hommes. Mais là encore le chemin sera parcouru le jour où les hommes auront un engagement aussi fort en faveur des droits des femmes que certaines femmes pour les droits humains.

FP : As-tu des exemples de femmes qui ont fait, font ou feront l’Europe ?

LA : Ne pas oublier Louise Weiss, journaliste, écrivaine, européenne, et féministe car elle a épousé tous les combats du XXe siècle.

FP : Quel message aimerais tu faire passer aux  femmes Européennes ?

LA : Que les droits conquis récemment – au siècle dernier- sont l’affaire de toutes les Européennes et de tous les Européens. Que cette égalité est à conserver et à défendre dans tous les domaines.

FP : Quelle serait l’Europe que tu souhaiterais pour tes enfants ?

LA : Je souhaite qu’elle soit, qu’elle existe naturellement dans leur esprit, qu’ils ne se posent plus la question de l’Europe, mais gardent la connaissance des spécificités nationales. J’espère que mes enfants n’auront pas à vivre un projet européen qui n’existe plus, ce qui serait une véritable catastrophe. Pour eux  l’Europe, c’est l’avenir.

Dernièrement, une russe et une jeune femme des Balkans, qui voulaient travailler chez euradionantes, ont dû demander des autorisations de travail. J’espère que cela ne sera plus nécessaire, rapidement, au sein de l’Europe.

En fait être libre, c’est ne plus se poser la question de l’Europe : c’est ce que je souhaite à mes enfants de vivre et de partager.

Fabienne PREVOT 

Fabienne PREVOT 2.JPGFabienne PREVOT, journaliste  et réalisatrice de documentaires, a choisi depuis  de nombreuses années de  mettre en valeur des  femmes extra – ordinaires. Ceci  notamment à  travers des thèmes  tels que la transmission du savoir ou leur participation active à des entités  élaborées  pour faire évoluer nos sociétés.

Sur le projet Femmes 3000 « Ces femmes qui font l’Europe » : L’Europe en fait  bien sûr partie, et c'est avec fierté et plaisir qu'elle a  accepté de participer  à  l'aventure du magazine de Femmes 3000 en présentant divers portraits de ces  femmes qui, incontestablement,  "font " l'Europe.

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