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26/12/2013

Marie-Luce PARIS (Irlande), lauréate du trophée Initiatives Culturelles. Edition 2013 des Trophées Femmes 3000

Marie-Luce PARIS CP.jpgLe Trophée Initiatives Culturelles de l'édition 2013 des Trophées Femmes 3000 a été attribué à Marie-Luce PARIS, Française installée en Irlande,  pour la mise en place (dès 2005), le pilotage et aujourd’hui le conseil pédagogique de deux programmes universitaires de l’University College de Dublin, qui intègrent l’apprentissage du droit français (droit substantiel et terminologie) et celui de la langue française dans les études de droit irlandais :

● le Bachelor of Civil Law with French Law (BCL Law with French Law)

● et le Bachelor of Civil Law/ Maîtrise (BCL/M).

L’objectif de ces deux programmes est de former des étudiants bilingues ayant une double culture juridique, celle de common law et celle de droit civil, les rendant ainsi capables de travailler à l’international et particulièrement en milieu européen (institutions de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe).

Découvrez le portrait de Marie-Luce Paris par Hélène Delmotte

Marie-Luce Paris, europtimiste !

Marie-Luce Paris le reconnaît d’emblée : « il n’est pas fréquent de voir des jeunes femmes voyager comme je le fais ». 

Après avoir grandi à Fontenay-le-Fleury, près de Versailles, elle ressent, dès l’université, l’envie de partir à l’étranger. « Au départ, je voulais suivre mon mari. Issu d’une famille qui a des attaches partout dans le monde, il a toujours eu envie de partir à la découverte du monde », confie-t-elle. Finalement, ce sera lui qui suivra Marie-Luce à Dublin en octobre 2000.
Cette année-là, alors qu’elle effectue des recherches à l’Académie de droit public européen en Grèce, l’University College de Dublin lui propose d’enseigner le droit dans le cadre du programme « Bachelor of civil law with French law ». « J’étais seconde sur la short list car trop jeune pour le poste. Mais celle qui avait été recrutée s’est désistée », explique-t-elle. Elle assurera quelques années plus tard la mise en place, le pilotage et le conseil pédagogique d’un second programme, le « Bachelor of civil law/Maîtrise », un double diplôme qui donne un équivalent master. 


Depuis son recrutement, Marie-Luce enchaîne les déplacements à l’étranger : l’Espagne,  l’Allemagne, les Pays-Bas, entre autres, dans le cadre d’un programme d’échanges avec les universités européennes, le Canada et les Etats-Unis où elle participe à des conférences juridiques. En charge des relations internationales à la Faculté de droit de l’Université, elle repousse toujours plus loin les frontières, découvre la Chine, l’Australie et prévoit de se rendre dans les mois qui viennent au Moyen-Orient.

De ces voyages, elle avoue avoir été « impressionnée » par la Chine, par la grandeur d’un pays où une ville moyenne peut réunir jusqu'à 10 millions d’habitants mais aussi par la mainmise du parti communiste sur la société.

L’Australie l’a également séduite par la dynamique de ses travaux juridiques, en matière de propriété intellectuelle par exemple, et la « grande qualité » des universités de Melbourne ou Sydney.

La recherche ne cessant de la passionner, les contrats d’édition se succèdent. Elle publie de nombreux articles et ouvrages en anglais sur le droit constitutionnel français, le droit européen ou encore sur la formation juridique et l’enseignement du droit. 


« Européenne convaincue », elle déplore le manque de confiance des citoyens envers les responsables politiques, le déficit démocratique généralisé et les crispations nationales. 

 « Nous avons besoin d’idéalistes et d’optimistes. Les critiques incessantes contre l’Europe sont insupportables car c’est elle qui nous garantit la stabilité et la paix ! Dans quelques années, les étudiants Erasmus seront les meilleurs ambassadeurs de l’Europe.  » Et si la crise économique frappe durement le vieux continent, elle refuse toute forme de « naïveté » : « Nous ne faisons plus le poids. L’Europe doit tirer un trait sur son niveau de vie élevé. Nous avons mangé notre pain blanc. On nous dit
« Ce sera dur ! ». Ok, ce sera dur ! » En Irlande, la situation s’est fortement dégradée. Si Marie-Luce a découvert en 2000 le «Tigre celtique» – l’Irlande était alors dans une période de croissance -, la situation s’est fortement détériorée depuis. «Nous faisons face à des coupes budgétaires énormes. Nos salaires sont réduits. Mais les Irlandais sont très résilients, ils ont l’habitude des situations difficiles ».

Experte pour la Commission européenne, Marie-Luce est aussi allée former des juges en Croatie et en Roumanie à l’époque où ces deux pays attendaient leur entrée dans l’Union.
Et elle se réjouit aujourd’hui de l’adhésion de l’Union Européenne des Vingt-huit à la Convention européenne des Droits de l’Homme : « Les deux tribunaux – la Cour européenne des droits de l’homme et la Cour de justice de l’Union européenne -  travailleront ensemble grâce à la volonté conjointe de leurs deux Présidents ». 

Quant à la France, c’est désormais un lieu de vacances où Marie-Luce, son mari et sa fille aujourd’hui âgée de 8 ans retrouvent famille et amis. Mais professionnellement, le pays ne l’attire plus. « Le système universitaire ne me convainc pas. Il est très fermé, trop sclérosé ». Car la jeune femme a toujours besoin que ça bouge !

Un état d’esprit que l’on retrouve jusque dans ses loisirs : elle court, nage, va à la gym, pratique la planche à voile. « J’exerce une profession où je suis souvent assise », justifie-t-elle. Elle a même couru un semi-marathon à Dublin en juillet dernier : « 20 kilomètres sous la température exceptionnelle de 28 degrés », sourit-elle.

Hélène Delmotte

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